Une jeune fille se meurt en cet instant, dans les confins de la Confédération Capuchienne Septentrionnale.
Elle fait une dépression. Elle s'appelle Cloufionne, elle a 14 ans, et traverse une période de contestation autoritale que l'on appelle, en Capuchie aussi, l'adolescence. Son histoire: elle est née en 1992 et a toujours porté son prénom avec joie. Ou indifférence, elle s'en foutait peut-être, mais nous dirons joie pour faire plus romantique. Et là, depuis janvier... Elle ne le supporte plus.
Cloufionne, c'est pas funny, flashy, dancy, juicy, fashiony. Ça n'est plus possible pour elle de s'appeler Cloufionne. Elle ne veut plus de ce nom qu'elle renie. Car en général, quand on renie quelque chose, c'est qu'on n'en veut plus: eh bien, Cloufionne est dans cette situation de rejet, de rébellion. Elle manifeste sa haine de la société occidentale (quand on habite en Capuchie Orientale, quoi de plus logique) et nous dit, à nous adultes, "je m'appelle Cloufionne et ça ne peut plus continuer ainsi. Je refuse de me soumettre à vos normes boursoufflues".
Elle nous menace de se suicider. Elle fait entendre courageusement sa jeune voix fébrile et suraiguë.
Pourquoi l'aider? Vous vous fichez certainement de son existence inintéressante de petite pimbêche. Mais j'ai quelques bonnes raisons qui ne vous laisseront pas indifférents:
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première raison: vous n'avez rien d'autre à foutre. En voilà une bonne raison, non? Je n'ai même pas besoin de fournir d'autres arguments.
Nous devons écouter Cloufionne. Nous devons lui trouver un nouveau nom, comme un cadeau. Et réparer l'injustice que sa famille et sa société lui ont faite en l'affublant de ce prénom qui se voulait noble, mais a loupé sa voie.
Alors, criez bien fort un nouveau nom pour Cloufionne (elle choisira ensuite).